Jean QUICHAUD

PERSONNALITE CELEBRE DE ROUMAZIERES-LOUBERT

 Jean QUICHAUD 1913 / 1999

 
Né à Suris le 19 octobre 1913, il ne connaîtra jamais son père, porté disparu pendant la 1ère guerre mondiale.
Il se dirige vers le petit Séminaire de Richemont ou il effectue ses études secondaires, puis c’est le grand séminaire d’Angoulême. Il est ordonné prêtre en 1938. Vicaire à Cognac, puis à Ruffec, curé de Suaux au début de la Seconde Guerre Mondiale ( 1942), en pleine occupation.
 
L’année suivante il s’engage dans la résistance. Son presbytère de Suaux devient un lieu de rencontres secrètes ou de cachettes pour de nombreux maquisards de la région.
 
Dénoncé à la gestapo il est interpellé à la fin de la messe de Suaux le 22/03/1944.
Interné à la prison de Poitiers puis à Fresnes, l’Abbé Quichaud a été ensuite déporté au camp de Struthof-Natzwiller, en alsace,(02 juin au 10/09/1944) puis à Dachau en Allemagne ( 15/09/1944 au 14/05/1945)
Martyrisé, torturé, Il va vivre un enfer au milieu d’autres déportés, dont de nombreux prêtres à qui il rend service en se faisant infirmier.
Il a la chance d’en sortir vivant le 14 mai 1945, mais dans un triste état, il n’est plus cependant qu’une maigre silhouette portant encore son pyjama rayé.
Extrait du livre 2000 ans d’Histoire – Auteurs : André Berland – Monique Langlais.
En vente en mairie.
 
Témoignage d’un de ses cousins
Le Père de Jean FERRAT était lui aussi déporté à Dachau avec L’Abbé Jean QUICHAUD, mais malheureusement n’a pas survécu à ses tortures.
Jean FERRAT contactera par la suite L’Abbé Jean QUICHAUD pour participer et surtout donner des informations sur leur internement à Dachau pour écrire la chanson  : Nuit et Brouillard – (-NN - Initiales qu’ils portaient dans leurs dos - ( Natcht und Neubel) – Nuit et brouillard. Le nom donné à un décret du Reich de 1941 ordonnant de faire disparaître certains prisonniers sans laisser de traces.
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En 1948, il est nommé curé de Roumazières.
Passionné par le foot, il n’hésite pas à troquer sa soutane contre un maillot de joueur.
Il oeuvre beaucoup et manifeste une énergie considérable pour les jeunes et les moins jeunes.
 
Et ce magnifique cadeau qu’il a su offrir à tous ces enfants de Roumazières, c’est la création de cette colonie de vacances au Mouleau, sur le bord du bassin d’Arcachon, près de la dune du Pyla, beaucoup de familles ouvrières n’avaient pas trop de moyens pour partir, et grâce à l’abbé Quichaud, les enfants partaient. C’était la Colonie du père Tranquille. 
 
Témoignage d’un ancien de la Colo…M. le Maire :
Je prendrai donc plaisir à retracer ce que grâce à vous beaucoup d’enfants de notre commune et même d’ailleurs ont découvert et vécu dès leur plus tendre jeunesse.
 
Tout d’abord le catéchisme avec le sérieux et la rigueur de l’enseignement qui n’avaient rien à envier au milieu scolaire de l’époque ! bien entendu ponctué par la présence obligatoire à la messe dominicale, avant de se ruer vers le marché qui nous tendait les bras à deux pas !
 
Mais en même temps il y a eu aussi tous ces moments de loisirs que nous avons connus. Pour beaucoup seuls instants récréatifs pour agrémenter notre quotidien rural bien souvent limité en diversité.
 
Et les innombrables fois ou la chapelle se transformait en salle de jeux (quel travail que de manipuler ces grands panneaux d’isorel) avec le ping pong, de spectacle avec le théâtre, de foyer pour les jeunes avec certainement pour beaucoup la découverte de la télévision en noir et blanc bien sûr ; et tout cela pour occuper nos jeudis, nos fins de semaines et bien entendu nos vacances scolaires.
Autres moments de réels plaisir, les kermesses ;
 
Que de moments inoubliables et de joie partagée pour la préparation des stands ou nous avons tous appris à vivre et à travailler en commun ; et cette époque n’avait rien à envier à la période actuelle, ère des jeux vidéos et autres loisirs virtuels.
 
Et tellement d’autres choses encore !
 
Mais bien sûr et surtout il y a eu la colonie du Père Tranquille ; La Colo !  
Et je ne peux m’empêcher de faire un petit retour historique sur une époque qui a marqué grand nombre d’entre nous ! jeunes de Roumazières, Loubert, Chantrezac, St Laurent de Ceris, Nieuil, La Péruse, Genouillac Fontafie et de plus loin encore…
 
Et tout d’abord je dirai simplement : Quelle époque !
 
Et de narrer en quelques phrases ces moments exceptionnels et surtout inoubliables .
 
Nous nous rappelons encore aujourd’hui ces instants de fébrilité totale qui précédaient le départ vers Le Mouleau ; la préparation de la valise et le bouillonnement de l’imagination pour les trois semaines que nous allions vivre . Bien sûr la crainte et l’angoisse de laisser la famille mais aussi le bonheur de ces vraies vacances au bord de la mer !
 
Et voilà enfin le jour J , dès 07 heures au pied des bus, ronronnant du plaisir de tailler la route ; enfin pas trop car dix heures de trajet dans un confort plus que spartiate avec généralement la 1ère panne dans la côte de Taponnat relevait plus de la galère que d’une croisière ; Mais déjà quel bonheur !  
Et dès l’arrivée en soirée c’était l’installation ; dans les dortoirs pour les plus petits alors que les grands avaient droit aux toiles de tente de l’armée ; toute une époque !  
Il faut bien sûr préciser que les séjours étaient séparés 3 semaines les filles puis 3 semaines les garçons, pendant lesquelles rien ne manquait !
 
La rigueur de l’encadrement pour calmer nos ardeurs de jeunesse
Les activités nombreuses et variées par tous les temps
            Les balades en forêts les mains dans la résine des pins
            Les jeux de pistes
            La fabrication des souvenirs de vacances avec les matériaux du cru (écorce, coquillages…)
            Le cinéma
            Le théâtre de Guignol avec M Hinoz qui venait spécialement de Limoges
            La fête de fin de séjour
            Mais surtout la mer, le bassin d’Arcachon, la dune du Pyla maintes fois gravie .
            Les traversées du bassin en C10, la voile avec les vauriens et caravelles
            Les piqûres de vives dans les bancs d’algues qui dès le retour au camp nous dirigeaient tout droit vers l’infirmerie pour la potion magique et universelle : le vinaigre ; qui soignait aussi les piqûres d’insectes, les coups de soleil , les chevilles ou poignets foulés.
            Et …. Tellement d’autres choses encore ! 
            Mais je ne peux pas oublier les trop fameuses tartines de compote au sable que chaque « 4 heures » nous partagions en forêt ou sur la plage ; les files d’attente étaient longues pour accéder à notre part de ce moment convivial ponctué d’une compote aux pommes largement saupoudrée de sable porté par les embruns ou tout simplement par les copains ! et même accroupis derrière la digue nul ne pouvait y échapper.
           
Mais aussi nous avons appris la vie en communauté, la gestion des situations avec des moyens limités et toujours calculés au plus juste
            La gestion du réfectoire, la cuisine avec les produits qu’on pourra qualifier de frais et négociés aux prix les plus bas lors des fin de marchés et ramenés dans la trop fameuse frégate verte !  
            Et je finirai par les incontournables : la sieste de l’après midi et l’office religieux du dimanche matin en plein air ; participation obligatoire et sérieuse oblige !
 
            Et combien d’autres choses encore !
 
            Si très nombreux aujourd’hui nous pouvons, encore longtemps après, en parler avec autant de détail, de joie et d’enthousiasme c’est bien que cette période a réellement marqué notre vie !
 
 
La colo 50 ans après..
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            Le reste de l’année il organisait à Roumazières des représentations théâtrales, des fêtes et animations dans la chapelle Notre Dame de l’Espérance qu’il a fait construire au coeur de Roumazières.
Il quitte Roumazières en 1975 à regret, pour Esse jusqu’en 1988, puis se retire à Genouillac.
Il meurt à l’hopital de Confolens le 12 septembre 1999 à l’age de 86 ans. L’abbé Quichaud repose dans le cimetière de Saint-Quentin.
 
Les habitants de Roumazières-Loubert se souviendront longtemps de l’Abbé Quichaud.